BIOGRAPHIE

 

Né à Marseille en 1952 sous le signe du Cancer, j'ai été formé par les jésuites de ma ville natale - à l'exception de la classe de seconde, où, par mesure "disciplinaire" (j'étais en plein adolescence), mes parents me placèrent en internat chez les Pères de Timon-David... L'année suivante, je retrouve les jésuites avec joie, et, cette année-là, grâce à l'un de ses cousins, je rencontre le poète Christian Guez (qui signera plus tard Christian Gabrielle Guez Ricord), lequel va m'ouvrir à la poésie contemporaine et me permettre plus tard, à Paris, de faire la connaissance de Pierre Oster, Yves Bonnefoy, Michel Deguy... Au cours des années suivantes, à chacun de mes retours à Marseille, je reverrai Christian, à l'hôpital psychiatrique ou dans les chambres de bonne où il vit dans un désordre indescriptible.  

En 1970, je suis reçu au bac et, après une année de vagabondage à Aix-en-Provence, je passe le concours de Sciences Po Paris. Diplômé en 1974 (section Service public), je pars seul pour l'Italie. A Pise, ma première étape, j'achète les Canti de Leopardi : une rencontre presque amoureuse qui va m'occuper pendant de longues années. L'année suivante, j'abandonne presque aussitôt la préparation à l'ENA pour entrer à la Sorbonne où j'obtiens en deux ans une maîtrise de métaphysique chrétienne (dir. Claude Tresmontant). 

En 1976, je suis reçu comme chercheur à l'Institut universitaire européen (Dép. d'histoire et civilisations) qui vient d'ouvrir ses portes à Fiesole (Florence). Je travaille peu mais je visite l'Italie dans tous les sens : Venise, les Marches et la Toscane, Rome et Naples, la Côte amalfitaine... Ma passion s'accroît. Mais je rentre à Paris l'année suivante et reprends mes études d'islamologie avec le professeur Roger Arnaldez, sous la direction duquel j'obtiens un DEA (Diplôme d'études approfondies). 

Marié et père d'un enfant à 27 ans, me voilà contraint de penser aux "choses sérieuses". Je commence à travailler (correcteur d'édition, rédacteur pour Larousse, traducteur) et, par chance, je fais la connaissance de Francine Crescent, rédactrice en chef de Vogue. Nous nous entendons tout de suite et elle me laisse toute liberté pour exercer la critique musicale et littéraire.  Pendant dix ans, je vais courir les théâtres, écouter des centaines de disques, traduire des livrets d'opéra, tout en poursuivant mon labeur poétique et ma traduction des Canti de Leopardi, dont la première version paraît en 1982 à l'Âge d'homme, alors que, grâce à l'amitié de Pierre Oster, j'ai été nommé pensionnaire à l'Académie de France à Rome (Villa Médicis). Séjour merveilleux et fécond : je traduis Foscolo (Les Tombeaux et autres poèmes) et fonde une collection bilingue - qui ne survivra pas à mon départ de la Villa ; je jette en quelques jours sur le papier mon premier poème vraiment personnel (Elégie suivi de Parva domus) et un policier métaphysique ; je rencontre Italo Calvino ; je suis introduit auprès de la comtesse Leopardi, qui m'accueille à Recanati et me fait visiter le palais familial ;  j'envoie des chroniques romaines à Vogue... 

Une fille nous est née, et nous rentrons à Paris en 83. Nous logeons rue de Trévise, n° 13, qui devient le siège de L'Alphée, Cahier de littérature, dont, avec moi, les animateurs essentiels sont Alain de Gourcuff et Mario Carelli. Jusqu'en 1989, notre revue et nos petites éditions parallèles vont se faire une place plus qu'honorable dans le Paris littéraire. 

Je me sépare de ma femme en 1985, après deux ans d'une psychanalyse qui va durer plus de six ans et me conduire à devenir moi-même praticien (voyez mon site : https://www.michel-orcel-psychanalyste.fr/) ; nous avions déménagé rue Blanche (n° 54). En 87, j'emménage rue de La Rochefoucauld, n° 46, dans un appartement romantique, au coeur de la Nouvelle Athènes. C'est là que je vais, pendant plus de quinze ans, poursuivre mon aventure littéraire et amoureuse, ainsi que mes recherches dans le domaine du premier romantisme italien (Alfieri, Foscolo, Leopardi) et de l'opéra. C'est l'époque où je me lie d'une très vive et indéfectible amitié avec Mario A. Rigoni (+), brillant intellectuel italien, grâce auquel je rencontre plus d'une fois Cioran. 

De mes travaux, étendus d'une part vers la Renaissance (Michel-Ange) et d'autre part vers l'opéra naît une thèse de doctorat ès Lettres et Sciences humaines ("Langue mortelle". Etudes sur la poétique italienne de Michel-Ange à Leopardi et ses échos dans le mélodrame), sous la direction de Mario Fusco à qui je dois entre autres de m'avoir totalement laissé libre de conduire mes travaux à ma guise. En 1992, je soutiens cette thèse avec un plein succès à la Sorbonne. La seconde partie paraîtra peu de temps plus tard sous le titre Trois Guerriers plus un. En 1996, une Habilitation à diriger des recherches doctorales (HDR) à l'université de Tours, sous la direction de Frank La Brasca, complète ce doctorat. 

Entre-temps, j'ai été nommé maître de conférences à la faculté de Rennes II, où je fonde une chaire d'histoire de l'opéra italien. Par suite de la cabale de deux de mes confrères (Gérard Vittori et Philippe Guérin), je démissionne de l'Université. Ce qui aurait pu être un échec se révèle comme une chance : libre de toute attache, je pars pour le Maroc, où je rencontre aussitôt celle qui va devenir deux ans plus tard ma seconde épouse.

Je poursuis mes travaux littéraires, je me remets à l'arabe et reprends mes études islamologiques. Mais surtout, après vingt ans d'athéisme, je découvre Dieu dans l'islam et me convertis. Je parcours longuement le Maroc (l'Atlas, le désert, l'Atlantique) ; puis, accompagné de mon épouse, je me rends en Egypte, avant de partir l'année suivante pour la Syrie et l'Iraq. Je tirerai deux livres de ces voyages. Mais, auparavant, je passe seul à Paris l'été 2000 pour rédiger en trois mois la biographie de Verdi dont je rêve depuis longtemps. Deux magnifiques enfants viennent couronner, en 2004 et 2009, mon mariage. Pour leur éducation, nous jugeons bon de rentrer en France. Nous nous établissons à Nice, où je retrouve la foi chrétienne. J'ouvre mon troisième cabinet (après Paris et Marrakech)  et je fonde les éditions ARCADES AMBO (https://arcadesambo.com/) qui, en dix ans, vont prendre une importance inattendue.

Je renvoie mon lecteur, sans doute étourdi par tant d'informations, à mes Mémoires écrits sur l'eau...

 

Psychanalyse.

Analysé à Paris par Jean-Pierre Maïdani-Gérard (SPF et EPCI), puis par Manuel Garcia Barroso (SPP) et Kathleen Kelley (SPF), j'ai fait mes premières armes à Paris, puis, membre praticien de la Société de psychanalyse freudienne (SPF), j'ai longuement pratiqué à Marrakech, avant de m’installer à Nice (voyez mon site : https://michelorcel-fr.webnode.fr/)

 

Sociétés.

Membre du Comité scientifique de la Rivista Internazionale di Studi Leopardiani (RISL), de la Société des Gens de lettres (SGDL), de l'Association des traducteurs littéraires de France (ATLF), de la Société française d'héraldique et de sigillographie (SFHS), je suis également membre d'honneur de l'amicale Accademia della Pigna (Sanremo) et membre associé de l'Académie florimontane (Annecy), autrefois fondée par saint François de Sales. 

 

Engagement en faveur de la Palestine. 

Tout en me désolant de l'agression commise par les mouvements de résistance palestiniens le 7 octobre 2023, j'ai aussitôt condamné la réaction proprement barbare d'Israël, qui n'est autre que la poursuite d'une entreprise génocidaire  inscrite dans les déclarations suprémacistes des fondateurs de l'Etat israélien (Ben Gourion, Menahem Begin, Moshe Dayan, etc.),  partiellement réalisée lors de la Nakba (1948) et reprise avec la colonisation progressive de la Cisjordanie. Dès les premiers bombardements sur la population civile de Gaza, une violente controverse m'a opposé sur Facebook à mon confrère Jean-Yves Masson, professeur à la Sorbonne. J'ai récemment publié le verbatim de cette querelle dans un petit ouvrage intitulé  Un humanisme à géométrie variable. Réponse à Jean-Yves Masson sur le génocide des Palestiniens (https://arcadesambo. com/titres/un-humanisme-a-geometrie-variable). En signe de solidarité, avec quatre autres amis, je me suis rendu à l’automne 2025 en Cisjordanie pour manifester mon soutien aux habitants de Taybeh, persécutés par les colons. Très choqué par le silence complice de l'Eglise de France, j'ai rejoint le "Collectif chrétien contre le génocide". 

 

Distinctions.

Commandeur dans l'Ordre de l'Étoile d'Italie (2009).

Prix Nelly Sachs (Prix européen de littérature et de traduction) pour ma traduction du Roland furieux (2001).

Prix Jules Janin de l’Académie française pour ma traduction de la Jérusalem libérée (2003).

Grand Prix de poésie de l'Académie française pour l'ensemble de mon œuvre poétique (2020). 

Prix d'Académie, médaille de vermeil (avec Alban Pérès) pour les trois tomes du Dictionnaire raisonné des devises (2025).